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On connait tous quelqu'un qui veut le beurre, l'argent du beurre et -- soyons honnetes -- le sourire de la cremiere en prime. Cette expression, typiquement francaise et delicieusement gourmande, pointe du doigt notre tendance universelle a vouloir cumuler les avantages sans jamais accepter les compromis. Mais pourquoi le beurre ? Pourquoi pas le fromage ou le pain ? Plongeons dans les marches ruraux du XIXe siecle pour comprendre.
Chez L'Expressionniste, on a imagine la scene au pied de la lettre : un personnage qui serre une motte de beurre sous un bras et une liasse de billets sous l'autre, le sourire beat de celui qui pense avoir tout gagne. Notre illustration capture cet optimisme demesuré avec humour.
Ce design est disponible sur nos t-shirts et nos mugs en ceramique premium. Ideal pour l'offrir a ce collegue qui veut toujours tout sans rien lacher. Decouvre-le sur [lexpressionniste.fr](https://lexpressionniste.fr) !
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"Vouloir le beurre et l'argent du beurre" signifie vouloir tout obtenir sans rien conceder, cumuler des avantages normalement incompatibles. C'est le refus du compromis pousse a l'absurde : garder sa marchandise tout en encaissant le prix de la vente. L'expression denonce la gourmandise, l'avidite ou simplement le manque de realisme de quelqu'un qui refuse de faire des choix.
Dans sa version longue et populaire, on ajoute souvent "... et le sourire de la cremiere" (ou "la cremiere en prime"), ajoutant une dimension seductrice a l'avidite. Cette rallonge, apparue au XXe siecle, accentue le cote excessif et comique de la demande.
L'expression nait au XIXe siecle dans le contexte du commerce rural francais. A cette epoque, le beurre est un produit precieux et central de l'economie paysanne. Les fermieres fabriquent le beurre a la main, le barattent pendant de longues heures, puis le vendent au marche. C'est un travail penible qui represente une source de revenus essentielle pour les familles rurales.
Le principe est simple et implacable : quand tu vends ton beurre, tu recois de l'argent, mais tu n'as plus ton beurre. Si tu gardes ton beurre, tu n'as pas d'argent. C'est l'un ou l'autre, pas les deux. C'est la loi fondamentale du commerce, aussi vieille que le troc lui-meme.
L'expression capture cette impossibilite logique avec une elegance toute francaise. Elle tire sa force de sa simplicite : tout le monde comprend qu'on ne peut pas vendre quelque chose et le garder en meme temps. C'est du bon sens paysan eleve au rang de sagesse populaire.
Le beurre a ete choisi plutot qu'un autre produit pour plusieurs raisons. D'abord, il etait omnipresent dans la cuisine et l'economie francaise. Ensuite, le mot "beurre" a toujours eu une connotation de richesse et d'abondance en francais : "mettre du beurre dans les epinards" (ameliorer l'ordinaire), "faire son beurre" (s'enrichir), "compter pour du beurre" (ne pas compter). Le beurre, c'est la prosperite faite aliment.
Historiquement, le commerce du beurre etait aussi sujet a de nombreuses arnaques. Certains marchands melangeaient le beurre avec du saindoux ou de la margarine pour augmenter leurs profits. D'autres vendaient du beurre rance en le remoulant. "Vouloir le beurre et l'argent du beurre", c'est aussi un clin d'oeil a ces pratiques malhonnetes du commerce alimentaire.
Au XIXe siecle, l'expression appartenait au vocabulaire rural et commercial. Elle decrivait concretement les tentatives de certains marchands de tirer profit des deux cotes d'une transaction. C'etait une observation du monde paysan, pragmatique et terre-a-terre.
Au XXe siecle, elle a migre vers le langage courant et s'est chargee d'un sens plus large. On l'applique desormais a toutes les situations ou quelqu'un refuse de faire un choix : en politique ("il veut le beurre et l'argent du beurre, la reforme sans les inconvenients"), dans les relations amoureuses ("il veut sa liberte et la securite du couple"), dans le monde du travail ("il veut le salaire d'un cadre et les horaires d'un stagiaire").
L'ajout de "et le sourire de la cremiere" est apparu au milieu du XXe siecle, ajoutant une couche de grivoiserie typiquement francaise. La cremiere, celle qui vend le beurre, est ici un bonus supplementaire dans une demande deja excessive. Cet ajout transforme l'expression d'une simple observation commerciale en une satire de l'avidite humaine dans tous les domaines.
En politique, l'expression est devenue un grand classique des editorialistes et chroniqueurs. Elle sert regulierement a critiquer des programmes electoraux jugees irrealistes ou des promesses contradictoires. Charles de Gaulle aurait lui-meme utilise des formules similaires pour moquer les indecisions de ses adversaires.
La France est le deuxieme producteur de beurre en Europe (apres l'Allemagne) avec plus de 400 000 tonnes par an. Les Francais en consomment en moyenne 8 kg par personne et par an, ce qui en fait les plus gros mangeurs de beurre au monde. On comprend mieux pourquoi le beurre occupe une telle place dans nos expressions ! 🧈
D'autres langues ont des expressions equivalentes mais avec des images differentes. En anglais, on dit *you can't have your cake and eat it too* ("tu ne peux pas garder ton gateau et le manger aussi"). Les Allemands disent *Man kann nicht auf zwei Hochzeiten tanzen* ("on ne peut pas danser a deux mariages en meme temps"). En italien, *non si puo avere la botte piena e la moglie ubriaca* ("on ne peut pas avoir le tonneau plein et la femme ivre"). Chaque culture a sa propre metaphore de l'impossible cumul.
Fait historique : la "guerre du beurre" de 2017 en France a vu les rayons des supermarches se vider de beurre pendant plusieurs semaines. Une penurie qui a rappele aux Francais combien ce produit est sacre dans leur quotidien. Les files d'attente pour du beurre ont fait le tour du monde dans les medias internationaux.
L'expression est tres courante et s'utilise dans tous les registres, du familier au soutenu :
Chaque expression prend vie grâce à une illustration originale, imprimée sur des t-shirts et mugs de qualité premium.
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