Avoir du pain sur la planche : Une expression à l’histoire croustillante

Vous l'utilisez probablement pour exprimer un emploi du temps surchargé. Pourtant, si vous aviez dit cela à un paysan du XIXe siècle, il y aurait vu un signe de richesse et de repos. Plongée dans les origines surprenantes d'une locution qui a totalement changé de camp.


Une origine synonyme d'abondance

Autrefois, le pain était la base absolue de l'alimentation. Dans les campagnes, on ne boulangeait pas tous les jours : on cuisait de grosses miches pour plusieurs semaines. Pour les conserver, on les disposait sur des planches de bois suspendues au plafond, à l’abri de l’humidité et des nuisibles.

  • Le sens initial : Avoir « du pain sur la planche » signifiait que l'on avait des réserves. C’était l’assurance de ne pas mourir de faim et de pouvoir vivre sans l'angoisse du lendemain.

  • La connotation : C’était une expression de tranquillité.

Le tournant du XXe siècle : De la réserve au labeur

Comment est-on passé de l'oisiveté assurée à la montagne de dossiers à traiter ? Deux théories s'affrontent pour expliquer ce virage à 180 degrés :

  1. Le point de vue du boulanger : Pour l'artisan, voir toutes les miches prêtes sur la planche avant l'enfournement symbolise l'ampleur de la tâche physique restant à accomplir.

  2. L'argot judiciaire : Au XIXe siècle, les prisonniers recevaient une ration de pain quotidienne. « Avoir du pain sur la planche » désignait alors les jours de détention restants. Par extension, la "corvée" de prison est devenue la "tâche" professionnelle.

Ce qu'il faut retenir

Aujourd'hui, l'expression a définitivement adopté son sens laborieux. Elle évoque la quantité, la répétition et l'effort.

Le saviez-vous ? Jusqu'au début du XXe siècle, dire à quelqu'un qu'il avait du pain sur la planche était un compliment sur sa réussite sociale !